Lectures et ateliersCréation le 29 septembre 2026Studio Hydro-Québec du Monument-National

Cumul I (La vie coupable)

de Laura-Ève Lambert

« La nuit a ramené sur les rives du matin un crime inconnu. »

Cumul I - Laura-Ève Lambert, photo Julia Marois - Héliotrope
Cumul I - Pascale Drevillon, photo Camila Forteza

À Propos

Une femme marche sur les trottoirs d’un Paris mouillé de neige ; elle a rendez-vous dans un musée. On apprend qu’elle est historienne de l’art grâce au flux dévorant de sa pensée, qui nous fait percevoir tout ce qui se déroule autour d’elle, en elle. Elle n’est venue que pour voir Cumul I de Louise Bourgeois, l’objet de la recherche d’un de ses étudiants. Mais avec quelle légitimité prétend-elle observer cette œuvre moderne, elle qui est spécialiste de la peinture nordique du XIXe siècle ?
Dans la blancheur de la neige comme devant celle du marbre façonné de protubérances étranges, les mots tournoient comme des flocons glacés dans sa tête, brassant les questions de l’identité, de l’imposture, du désir et du rapport à l’Autre. Les méandres labyrinthiques de la sculpture semblent hanter sa conscience avant même qu’elle ne les découvre. C’est ce qui fait la virtuosité de ce texte, né d’une commande du Centre Pompidou : l’œuvre d’art y est présente en creux, de façon subliminale, par échos poétiques et analogies avec la matière des mots. Ce texte plonge dans les tréfonds d’une intimité pourtant écrite à la troisième personne. C’est la pensée qui parle d’elle-même, tout en s’incarnant complètement.

Diffusions

29 septembre au 1er octobre 2026

Studio Hydro-Québec du Monument-National, Montréal

3 et 4 octobre 2026

Maison de la Littérature, Québec

26 février 2027

Salle Jean-Despréz, Gatineau

3 et 4 octobre 2026

Maison de la Littérature, Québec

«

Bien sûr qu’elle estime Louise Bourgeois. Elle prononce Louise Bourgeois en levant minimalement les sourcils, Louise Bourgeois. Suggère par une infime modulation tonale – Bourgeois – le prestige, la gravité, la radicalité, la profondeur.

»

Crédits

Texte et adaptation : Laura-Ève Lambert
Mise en voix : Denis Marleau
Vidéo et collaboration artistique : Stéphanie Jasmin
Avec : Pascale Drevillon
Lumière : Marguerite Hudon
Son : Renaud Dionne

Producteurs
Une coproduction UBU + Festival international de la littérature (FIL)

Revue de presse

Un cinquième roman qui se déploie comme un thriller psychologique. Dans ce récit, l’écrivaine nous plonge dans le flux de conscience d’Alice, une professeure d’université trans, qui est assaillie par des pensées intrusives.

CUMUL I est avant tout une œuvre qui se ressent, qui parle aux émotions plus qu’à la tête, qu’il faut accueillir pour en saisir toute la puissance, par ce qu’elle suscite de pulsionnel en nous. Un exploit, en somme, qu’accomplit aussi [Laura-Ève] Lambert, qui parvient, presque miraculeusement, à faire un pied de nez aux pièges du langage. Brillant.

LIBÉRATION

Mathieu Lindon

Ce n’est pas la violence de la réponse mais celle de l’oppression qui est au coeur du roman, de sorte que le texte [...] est le plus oppressant de son autrice.

La courte fiction imaginée par l’autrice s’attache aux sentiments de honte et de culpabilité, à la puissance des transformations qui effraie le monde contem-porain, à la relation étudiant-professeur. Elle travaille en sous-texte ce que l’œuvre de Louise Bourgeois travaillait peut-être en sous-texte elle aussi et jamais loin, son lien à l’inconscient et la psychanalyse, comparant le musée fermé à notre conscience cadenassée.