SpectaclesCréation le 08 février 2022Espace GO, Montréal

Les dix commandements de Dorothy Dix

de Stéphanie Jasmin

Une vie en plan-séquence

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À Propos

Une femme apparaît dans la pénombre. Elle n’a pas d’âge ou aurait tous les âges. C’est peut-être la conscience de cette femme qui se fait soudain entendre, son âme, sa psyché, qui ne sont pas altérées par le temps. La part intime d’elle qui ne change jamais malgré les années qui passent, les transformations du corps et du visage.

On comprend peu à peu que la vie de cette femme a traversé le vingtième siècle qui a vu l’émancipation féminine progressive, mais sans qu’elle en jouisse tout à fait. C’est une femme sans destin exceptionnel, qui a fait de son mieux pour bien vivre et être heureuse. D’elle, surgit soudain une voix, jamais entendue auparavant, une lame de fond qui réanime autrement certains moments de sa vie. Cette mémoire réactualisée en un souffle déferlant prend appui sur un cadre avec lequel elle avait ordonné sa vie. Ce sont les dix commandements, non pas de Dieu, mais de Dorothy Dix, une chroniqueuse américaine qui dispensait ses recettes et conseils de bonheur dans le journal. Elle aimait lire ses chroniques et a toujours lu et relu cette liste de commandements pour être heureuse, règles à suivre pour celle qui entend forger son propre bonheur. Elle en fait un code de conduite pour remplir ses rôles d’épouse, de mère et de femme avec le sourire aux lèvres.

Diffusions

8 au 27 février 2022

Théâtre Espace GO, Montréal

9 au 12 mars 2022

Centre national des Arts, Ottawa

7 au 26 juin 2022

Théâtre national de la Colline, Paris

9 au 12 mars 2022

Centre national des Arts, Ottawa

Crédits

Texte: Stéphanie Jasmin
Avec: Julie Le Breton
Mise en scène: Denis Marleau
Vidéo et scénographie: Stéphanie Jasmin
Assistance à la mise en scène: Carol-Anne Bourgon Sicard
Lumière: Étienne Boucher
Musique: Denis Gougeon
Costume: Linda Brunelle
Maquillage et coiffure: Sylvie Rolland Provost
Diffusion et montage vidéo: Pierre Laniel
Design sonore: François Thibault
Assistance au décor: Marine Plasse
Direction de production et technique: Mélissa Perron

Une production d'UBU, compagnie de création
En coproduction avec Espace GO et le Théâtre national de la Colline à Paris

Revue de presse

Apparaissant au bord de la mer, grâce à des projections vidéo aussi délicates et soignées que la musique qui les accompagne, jamais loin d’un rocher posé au milieu de ce dernier rivage, Julie Le Breton captive. Afin d’incarner son personnage à 8, 20 ou 80 ans, elle adopte avec sobriété le corps et la voix qui correspondent. Dirigée avec maestria par Denis Marleau, la comédienne suscite de vives émotions.

On ne saurait imaginer plus belle façon de renouer avec l’art vivant que la pièce Les dix commandements de Dorothy Dix. Dans un texte fulgurant signé Stéphanie Jasmin, Julie Le Breton livre possiblement la plus grande performance de sa carrière. … Pour laisser ce texte éclore dans toute sa beauté, Denis Marleau a choisi une mise en scène délibérément contenue, loin de toute distraction inutile, où l’économie de moyens laisse le champ libre aux mots, mais aussi à l’interprétation nuancée et superbement maîtrisée d’une actrice qui a puisé dans un terreau nouveau pour repousser encore les limites de son art.

RADIO-CANADA

Franco Nuovo

[Stéphanie Jasmin] écrit vraiment très bien, il faut le dire… [La pièce] s’écoute comme un roman… La scénographie et la mise en scène sont tellement magnifiques… C’est un texte qui est exigeant, autant pour l’actrice que pour le spectateur… Quand on sort de là, on a l’impression d’avoir accompagné cette femme-là sur cent ans. C’est absolument réussi.

Texte extrêmement poignant de Stéphanie Jasmin. Il est magnifique, très bien écrit, intime, personnel, révélateur sur la psyché du personnage, et qui fait écho encore aujourd’hui à tellement de réflexions qu’on peut se faire sur la dictature du bonheur, sur la nécessité de cultiver l’optimisme à outrance. Julie Le Breton fait vivre ce texte avec beaucoup de justesse.

La complicité de longue date entre Denis Marleau et Stéphanie Jasmin est flagrante dans cette dernière collaboration. Mise en scène et scénographie jouent avec brio sur la notion de profondeur de champ. Même le montage narratif brise la chronologie usuelle, revenant périodiquement en arrière dans l’existence de cette héroïne ordinaire arrivée au crépuscule de la vie, sans qu’il soit pour autant question de flash-backs.

Julie Le Breton ne fait pas que déclamer ses textes, elle semble carrément habiter le corps, la personnalité et la voix des diverses incarnations de ses personnages. Il faut la voir, ou plutôt l’entendre, changer de ton de voix, de mouvements, de posture lorsqu’elle passe d’une époque à une autre, voire pratiquement d’une femme à une autre.

BP ARTS MÉDIA

Micheline Rouette

La scénographie et vidéo, signées Stéphanie Jasmin, font corps avec l’histoire du personnage et enveloppent la comédienne avec brio. Projeté sur trois immenses toiles qui s’étendent de manière à couvrir complètement le fond de la scène et la scène elle-même, un bord de mer de la Nouvelle-Angleterre évolue constamment. Cette projection devient en fait une représentation d’une vie qui se déroule sous les yeux du spectateur. Tout est réglé au quart de tour sans aucun temps mort.

LE CULTUREL 2.0

Winston McQuade

Visuellement, la pièce est un petit chef d’œuvre de mise en scène à la Denis Marleau, qui a toujours su s’entourer de collaborateurs d’exception.

SORS-TU.CA

Zoé Arcand

La performance de Julie Le Breton est tout simplement renversante. Elle récite sans faute (ou presque) un texte de 47 pages. Malgré la lenteur qu’inspire cette histoire digne d’un fleuve tranquille, on ne décroche pas. Devant nous, elle saute d’un âge à l’autre, sans prévenir: elle se donne la réplique à elle-même.